L’intelligence artificielle peut désormais écrire des textes en quelques secondes, de quoi inquiéter les écrivains. Faut-il craindre la fin de la littérature humaine ?
Depuis quelques années, l’intelligence artificielle s’invite partout : dans nos téléphones, nos études, notre travail… et désormais dans l’écriture. Capable de produire des textes en quelques secondes, l’IA générative interroge et inquiète le monde littéraire. Peut-elle réellement remplacer les écrivains ? Ou s’agit-il d’une peur amplifiée par une technologie encore mal comprise ? Un récent rapport mené par l’Université de Cambridge, relayé le journal BBC, apporte des éléments de réponse, et surtout, met en lumière les craintes très concrètes des romanciers.
Selon ce rapport, les écrivains sont loin d’être sereins face à l’essor de l’IA. Sur les 332 auteurs interrogés par le Dr Clémentine Collett, chercheuse au Minderoo Centre for Technology & Democracy (MCTD) de l’Université de Cambridge, près de la moitié estiment que l’IA pourrait « remplacer entièrement » leur travail.
Lorsqu’on a soutenu une thèse, on peut penser – naïvement, comme on va le voir – que l’on dispose librement de son contenu et que l’on peut donc en faire ce que l’on veut. En particulier, il semble évident que l’on puisse publier des articles scientifiques reprenant des éléments de ce travail. Pourtant, une menace inattendue guette le jeune docteur : celle de l’autoplagiat.
Cette notion peut, de prime abord, paraître quelque peu baroque. Nous pensions en effet que le plagiat consistait à s’approprier le travail d’autrui et que, par définition, il était impossible de se plagier soi-même. Or nous avons découvert que ce n’était pas le cas et même que l’autoplagiat pouvait avoir de graves conséquences.
L’existence de ce concept ne doit toutefois pas dissuader un chercheur de publier des articles scientifiques issus de sa thèse. Rappelons que celle-ci est nécessairement diffusée depuis 2016 – au moins signalée en cas d’embargo – sur theses.fr et, le cas échéant, sur HAL. Publier à partir de sa thèse est donc parfaitement possible, mais cela suppose de respecter un certain nombre de conditions afin d’éviter toute accusation d’autoplagiat.
Dans un récent billet de blog Chris Freeland, un des directeurs d’ Internet Archive a annoncé que ce site avait dépassé le cap du billion (1000 milliards) de pages stockées et a engagé toutes les bibliothèques du monde à célébrer cet événement qui est le fruit d’un effort collectif pour préserver notre histoire numérique.
Internet Archive a franchi un cap historique : courant octobre dernier, le cap des mille milliards de pages stockées soit l’équivalent de 21,3 millions de DVD a été franchi (mille milliard se dit billion en français et trillion en anglais (!)).
Ce site avait vu le jour en 1996, année qui coïncide avec l’arrivée d’Internet en France, pour pallier le manque d’archives du web alors que la presse était bien archivée depuis fort longtemps.
Ce "billion" de pages est accessible via la Wayback Machine, le service d’Internet Archive qui donne accès au contenu web archivé sous forme de « machine à remonter le temps ».
On trouve également dans cette gigantesque archive d’autres types de documents : des ouvrages (49 millions), des enregistrements audio (13 millions, dont 268 000 concerts) des vidéos (10 millions, dont 3 millions de journaux télévisés), 5 millions d’images et un million de logiciels.
On peut se demander à quoi tient la différence des ordres de grandeur avec le chiffre précédent. En fait, les pages stockées sont des clichés instantanés de pages web alors qu’un ouvrage est compté pour une seule unité quel que soit son nombre de pages.
Alors que l’IA envahit de plus en plus le monde de la publicité, Intermarché a choisi de miser sur l’humain pour sa dernière campagne. Un défi qui a été un véritable carton !
À l’heure où l’intelligence artificielle s’impose dans de nombreuses créations publicitaires, Intermarché a fait un pari fou : celui de ne pas utiliser l’IA. Une campagne 100 % humaine ! Et le résultat a largement dépassé les attentes. Diffusée à l’approche des fêtes, la publicité mettant en scène un loup “mal aimé” a touché en plein cœur les internautes, au point de devenir virale bien au-delà des frontières françaises.
Dès sa mise en ligne, le film publicitaire a rencontré un engouement impressionnant. Sur les réseaux sociaux, il a dépassé les 31 millions de vues et récolté une avalanche de commentaires positifs. Un succès assumé et revendiqué par la marque. « C'est un carton mondial », s’est exclamé Thierry Cotillard sur Franceinfo, le patron des magasins Intermarché. Avant de préciser : « On a misé sur l’intelligence humaine et on en est hyper fiers. » Un message clair, qui résonne particulièrement dans un contexte où l’IA générative est de plus en plus critiquée, notamment pour son manque d’âme et d’authenticité.
Si cette publicité fonctionne autant, c’est avant tout grâce à son histoire. Intermarché n’a pas souhaité promouvoir ses produits. Son but ici est de raconter un conte, une fable moderne, qui parle autant aux enfants qu’aux adultes. Un loup qui n’arrive pas à se faire des amis et qui change son alimentation pour être accepté des autres, et trouver sa place à la table de Noël.
« Tomber amoureux d’une intelligence artificielle ». Il y a quelques années, cette phrase serait tout droit sortie d’un film de science-fiction ou d’un épisode de Black Mirror. Aujourd’hui, elle fait débat un peu partout : sur les réseaux sociaux, dans les médias, et même chez les psychologues. Avec l’arrivée des agents conversationnels ultra-réalistes, des applications de compagnons virtuels et des IA capables de simuler l’empathie, la question n’est plus si farfelue : peut-on réellement développer des sentiments amoureux pour une IA ?
Eh bien, la réponse est oui. Aussi surprenant que cela puisse paraître, une récente étude du Massachusetts Institute of Technology a révélé qu’un Américain sur cinq a déjà entretenu une relation amoureuse ou sentimentale avec un chatbot IA, sur des plateformes comme Replika ou Character AI. Oui, vous avez bien lu. Au départ, il n’y avait aucune intention amoureuse, mais les sentiments ont finalement pris le dessus, malgré eux…
Présentée comme un outil de sécurité, la reconnaissance faciale s’impose progressivement dans l’espace public. Mais entre protection des citoyens et atteinte aux libertés individuelles, le débat reste plus que jamais ouvert.
Que ce soit dans les rues, dans les gares, aux abords des écoles ou lors de grands événements… La vidéosurveillance fait désormais partie de notre quotidien. Mais depuis quelques années, une nouvelle technologie inquiète autant qu’elle intrigue : la reconnaissance faciale. Capable d’identifier une personne à partir de son visage, elle promet plus de sécurité, mais suscite aussi de nombreuses inquiétudes. Alors, faut-il y voir une avancée rassurante ou une menace pour nos libertés ?
La reconnaissance faciale repose sur un principe simple : analyser les traits du visage afin de les comparer à une base de données. En quelques secondes, un individu peut être reconnu. Contrairement aux caméras classiques, cette technologie ne se contente pas de filmer : elle identifie, trie et analyse. C’est précisément ce qui alimente les débats.
Ses défenseurs, notamment du côté des autorités, y voient un outil de prévention efficace : repérer une personne recherchée, sécuriser un rassemblement ou faciliter les enquêtes. Dans un contexte sécuritaire tendu, l’argument est souvent jugé rassurant.
Mais cette promesse soulève une crainte majeure : celle d’une surveillance généralisée. Être potentiellement identifié en permanence dans l’espace public, parfois sans le savoir, interroge notre droit à l’anonymat. À cela s’ajoute un autre point de vigilance : certains moteurs de recherche faciale sont aujourd’hui accessibles gratuitement sur le web et ouverts à tout public. La question des données personnelles se pose alors avec force : qui les collecte, où sont-elles stockées et pour combien de temps ?
À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit l’accès au savoir, Wikipédia et Grokipedia, le nouveau projet d’Elon Musk, incarnent deux visions opposées : l’une communautaire et ouverte, l’autre centralisée et portée par xAI. Alors que Wikipédia adapte ses données pour dialoguer avec les IA tout en préservant sa transparence, Grokipedia promet une alternative « sans biais ».
Lancé le 1ᵉʳ octobre 2025 par la Wikimedia Foundation, en partenariat avec Jina.AI et DataStax, le Wikidata Embedding Project vise à rendre les 119 millions d’entrées de Wikidata, alimentées par 24 000 contributeurs actifs, exploitables par les intelligences artificielles.
Grâce à la recherche vectorielle, qui traduit les concepts en relations numériques via des modèles comme Jina Embeddings v3 (multilingue, jusqu’à 8 192 tokens), le système dépasse les recherches par mots-clés. Une requête sur « scientifique », comme l’illustre le site TechCrunch, proposera ainsi des biographies comme celles de Marie Curie ou Albert Einstein, des concepts liés comme la méthode scientifique ou des visuels tels que des schémas de formules.
Ce projet s’appuie sur des APIs vectorielles ouvertes, notamment celles de DataStax (Astra DB), pour intégrer les données de Wikidata dans les assistants IA via la technologie RAG (Retrieval Augmented Generation). Un webinar le 9 octobre 2025 a marqué le lancement, avec un support initial en anglais, français et arabe, et 30 millions d’entrées déjà vectorisées.
Maryana Iskander, PDG de la Wikimedia Foundation : "Face à l’IA, nous devons préserver notre modèle ouvert en l’intégrant intelligemment."
Cette stratégie répond à une urgence : les résumés IA de Google, déployés à grande échelle en 2025, captent 8 % du trafic humain de Wikipédia, menaçant ses dons, qui représentent 80 % de son financement.
DART-Europe a fermé. EThOS est hors service. Global ETD Search de NDLTD est indisponible.
Trois piliers de l’accès aux thèses européennes ont disparu… mais la recherche continue.
Le nouveau Guide des thèses européennes 2025, conçu par l’équipe de BASES (votre référence en information spécialisée depuis 1985), devient l’outil incontournable pour accéder à plus de 4 millions de thèses à travers 25 pays.
👉 Résultat : les chercheurs et documentalistes se retrouvent sans passerelle centralisée pour accéder aux thèses européennes.
L'intégrité scientifique peut être compromise de multiples façons. Parmi les écueils les plus fréquents, on retrouve le plagiat, la manipulation d'images, l'abus d'auto-citations, un recours excessif à des articles rétractés, ou encore l'utilisation de données peu fiables ou incohérentes.
Mais comment identifier ces dérives ? Et surtout, que faire lorsqu’on en repère une dans un article ? Aujourd’hui, des outils existent pour aider chacun – chercheur, lecteur ou professionnel de l'information – à vérifier, signaler ou mieux comprendre les écarts. Cette pratique, appelée relecture post-publication (Post Publication Peer Review), gagne du terrain. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’un article dans BASES N° 433 - mars 2025.
Pour accompagner ces démarches le Center for Open Science dont la mission est, en particulier, de contribuer à l’intégrité de la science vient de publier une mise à jour de son guide de référence le COSIG (Collection of Open Science Integrity Guides) .
Nous avons évoqué dans le numéro 434 de BASES (Mars 2025) le développement, pour les articles de recherche scientifique, du » post publication peer review » c’est à dire la revue par les pairs après publication et non pas avant, comme c’est traditionnellement le cas.
Un des arguments avancés pour justifier cette démarche, qui s’est répandue plutôt rapidement, était le caractère confidentiel et obscur du processus de « peer review ».
Cet argument vient de tomber, au moins en partie, car l’éditeur Springer Nature vient d’annoncer, qu’après une période concluante de tests qui a duré plusieurs années, tous les articles de 16 publications (voir ci-dessous) éditées par Springer Nature comporteront une annexe reprenant en détail le dialogue entre les reviewers et l’auteur, cette démarche étant appelée « transparent peer review ». On y trouve l’intégralité des questions et des réponses.
