Des changements dans les flux algorithmiques qui modifient la veille
Les réseaux sociaux proposent pratiquement tous par défaut un flux d’information algorithmique que l’utilisateur peut faire défiler pour trouver des contenus susceptibles de l’intéresser.
Pendant longtemps, le flux des utilisateurs des réseaux sociaux était constitué essentiellement de contenus publiés par ses amis, les personnes ou comptes suivis et agrémentés de quelques contenus sponsorisés. Comme tout flux algorithmique, il s’agit d’une sélection de contenus et non de l’intégralité des contenus publiés par ses contacts.
Si la notion de sélection ne change pas, les contenus proposés, eux, sont en train de changer et on voit de plus en plus de contenus émanant de personnes en dehors de notre réseau.
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Sur Twitter par exemple, le flux d’information que l’on voit sur sa page d’accueil appelé « Pour vous » contient de plus en plus de contenus émanant de comptes que l’on ne suit pas. Et cela ne va pas aller en s’améliorant, car Elon Musk vient tout juste d’annoncer que seuls les comptes ayant souscrit un abonnement payant à Twitter Blue pourront apparaître dans le flux « Pour vous ».
Cela ne semble pas encore mis en place, car nous sommes toujours capables de visualiser dans ce flux des contenus émanant de comptes que nous suivons et qui n’ont pas souscrit d’abonnement, mais cela devrait changer très prochainement.
LINKEDIN
LinkedIn vient de faire une annonce similaire et s’apprête à bouleverser le fil d’actualité en y introduisant des publications suggérées par son IA, en fonction des centres d’intérêt de l’utilisateur, y compris en provenance de profils en dehors de son réseau.
Impact sur la veille
Il faut donc avoir ces évolutions bien en tête quand on fait de la veille directement dans les plateformes des réseaux sociaux. On va avoir d’un côté des flux algorithmiques qui vont permettre d’aller toujours plus loin dans la « veille radar » en détectant des contenus en dehors son champ et de ses sources habituelles et de l’autre des flux non algorithmiques (l’équivalent du flux « Abonnement » sur Twitter ou du classement « récent » sur LinkedIn) qui correspondent à la « veille cible » avec des contenus émanant quasi exclusivement de sources/comptes préalablement identifiés lors de son sourcing. Les deux types de flux ont leur utilité et seront donc de plus en plus différents l’un de l’autre, mais de plus en plus complémentaires.
Une course aux certifications payantes qui appelle à une vigilance accrue en matière de sourcing
Une des grandes tendances de ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, c’est la course aux certifications payantes, ces petits badges de couleur apposés aux comptes sur les réseaux sociaux.
À l’origine, les comptes certifiés sur les réseaux sociaux validaient le fait qu’un compte appartenait bien à la personne ou l’entreprise indiquée et que les contenus qui en émanaient leur étaient bien rattachés. C’était donc un outil pour évaluer la fiabilité d’un compte et de ses informations. Cette certification se faisait gratuitement.
La grande nouveauté, c’est le passage à une certification payante.
Twitter a lancé les hostilités en offrant son badge bleu à toute personne souscrivant un compte payant Twitter Blue. N’importe qui, à condition de payer, peut donc obtenir son badge bleu. Et tous ceux qui avaient acquis le badge par le passé, mais refusent aujourd’hui de souscrire un abonnement viennent d’en être dépossédés. Parallèlement au badge de base, Twitter propose un badge pour certifier les entreprises, sauf que le coût est de 950 $ pour l’obtenir. Un badge est aussi proposé aux médias, mais ce dernier a suscité la colère de nombreux supports de presse, car il avait indiqué que certains étaient affiliés et financés par l’État du pays où ils sont basés alors qu’il s’agissait en réalité de médias indépendants. Certains médias ont donc décidé de quitter définitivement Twitter.
FACEBOOK
Même schéma chez Facebook qui a été très inspiré par l’initiative de Twitter et a aussi décidé d’introduire une certification payante en lieu et place de la certification gratuite qui existait déjà.
LINKEDIN
Autre modèle chez LinkedIn qui n’avait aucun système de certification jusqu’à présent, mais vient de décider d’en introduire une qui est gratuite. LinkedIn demande aux utilisateurs d’entrer leur adresse mail professionnelle pour vérifier qu’ils travaillent bien dans l’entreprise indiquée.
Impact pour la veille
Les différents niveaux de certification de Twitter et Facebook n’ont aujourd’hui plus aucune valeur. Non seulement elles ne garantissent pas que le compte appartient à la personne indiquée, mais en plus, Twitter induit dans certains cas l’internaute en erreur en apposant des catégorisations erronées. À l’inverse, la certification sur LinkedIn apporte un niveau de vérification supplémentaire et de fiabilité. Au final, avant d’accorder une certaine confiance aux certifications des médias sociaux, on a intérêt à vérifier s’il s’agit d’un système gratuit ou payant, car les conséquences sont clairement différentes.
De nouveaux réseaux sociaux à la pelle à intégrer à sa panoplie d’outils
Les récentes mésaventures de Twitter ont eu une conséquence certaine : de nombreux acteurs y ont vu une opportunité pour se positionner en tant que remplaçants et on ne compte plus le nombre de nouveaux réseaux qui ont vu le jour en à peine quelques mois.