Pour le veilleur, il devient dès lors très facile de créer un livrable de qualité dans une langue étrangère, avec lequel il peut se sentir confiant, tout en gagnant (beaucoup) de temps. Il est aussi possible de charger des documents PDF, Word ou Powerpoint Avec ses reformulations, on améliore même notre compétence en langue étrangère, c’est du Human Learning !

NEWS #2 : ArXivXplorer : l’IA au service de la recherche dans ArXiv
ArXivXplorer est un moteur de recherche qui utilise ChatGPT pour réaliser des recherches dans Arxiv, une archive ouverte connue des scientifiques, où sont stockées les prépublications d’articles scientifiques accessibles en open source.
Cet outil vient d’être créé par un ingénieur de recherche en intelligence artificielle, Tom Tumiel.
Le moteur ne répond toutefois pas à une recherche avec un texte synthétique comme sur ChatGPT mais fournit une liste de liens. Les recherches peuvent donc être formulées par mots clés sous forme de requêtes mais aussi par des phrases en langage naturel. La requête peut aussi être indistinctement formulée en anglais ou en français, pour un résultat équivalent. À noter que contrairement à ChatGPT, ArXivXplorer n’est pas limité à un corpus qui s’achève en 2021.
Depuis sa création, l’outil s’est doté de filtres par date et par « tags » prédéfinis, qui correspondent à une version affinée des « sujets », de la recherche avancée d’Arxiv.
Les résultats apparaissent sous forme de cartes qui montrent, outre le titre, les dates, les auteurs et les catégories des articles.
En comparant les résultats issus d’une recherche d’ArXivXplorer à ceux du moteur ArXiv, les différences font clairement apparaître les forces et les faiblesses de l’intelligence artificielle en la matière. D’un côté, l’IA permet de sortir de la logique parfois trop restrictive du mot-clé : elle va au-delà et prend en compte d’autres critères pour répondre avec pertinence à des requêtes même vagues, ou qui ne précisent pas le « bon » mot-clé. Elle permet donc d’identifier de nouvelles sources avec brio. Mais d’un autre côté, on perd en exhaustivité. La pertinence de cette recherche complémentaire pourrait toutefois en faire un outil indispensable. D’autant que sa navigation en fait un complément agréable à utiliser. Mais elle ne remplacera pas l’usage d’ArXiv pour le professionnel de l’information.

NEWS #3 : Microsoft conjugue l'IA au quotidien avec Chat GPT
Après son moteur de recherche Bing, Microsoft veut inclure l’IA de ChatGPT dans sa suite bureautique Microsoft 365. Cette décision introduit définitivement l’IA dans le quotidien de la majorité des professionnels de la veille qui utilisent Word pour rédiger leur plan de veille et leurs analyses, Powerpoint pour expliquer leurs process de façon graphique et rédiger des synthèses, et enfin la messagerie Outlook pour les communiquer à leurs partenaires.
Cette introduction de l’IA dans les logiciels quotidiens du veilleur augure un changement considérable dans leur façon de travailler. La technologie ne se contente plus de soutenir mais contribue activement à la production intellectuelle du veilleur. En phase de rédaction, des tâches fastidieuses et chronophages pourraient aussi disparaître. Au-delà, l’IA peut même participer activement au contenu du livrable avec par exemple le prompt (ce qui désigne une instruction, que l’on envoie à ChatGPT) « écris-moi une analyse SWOT » pour que celle-ci apparaisse comme par magie en quelques secondes. Et dans le style de son choix (plus ou moins soutenu). C’est là que l’esprit critique du veilleur va devenir d’autant plus essentiel, en bout de chaîne.
Pour l’heure des solutions comme Designer.Bot (Beautiful.ai) ou Sensei (Adobe) ou Canva permettent déjà de concrétiser cette avancée. Elles génèrent des présentations à partir d’une description textuelle et facilitent le processus de création graphique, mais sont payantes (à partir d’une dizaine d’euros par mois).
Pour la rédaction des emails, on peut aussi avoir une idée de ce que cela représente avec les extensions (gratuites) d’assistance qui s’intègrent déjà dans Outlook ou même Gmail
Voir Quels outils utiliser pour bénéficier de Chat GPT, Bases N°410 - janvier 2023
Après plusieurs essais, on comprend toutefois les limites : l’IA n’écrit pas un mail pour fixer un rendez-vous sans un minimum de consignes, si bien qu’il reste parfois plus rapide de le faire soi-même… à moins de mémoriser les prompts les plus efficaces. Un peu comme le veilleur qui doit mémoriser la syntaxe des requêtes sur certains serveurs professionnels.
Récupérer un tableau d’article scientifique (formaté) en un prompt
Les articles scientifiques comportent souvent des données et des tableaux extrêmement longs et donc fastidieux à reproduire et/ou à reformater. Or, ils sont parfois essentiels pour analyser les données soi-même à d’autres fins que celles de l’article, reproduire une méthode détaillée dans un article en l’appliquant à ses propres données, etc.
Les méthodes actuelles nécessitent souvent d’exporter les données brutes et de refaire un tableau, sous Excel par exemple. Mais elles sont au mieux chronophages, et au pire inefficaces pour les tableaux issus d’articles scientifiques, parfois longs et complexes.
Mais avec l’arrivée de ChatGPT, cette reproduction fastidieuse devient de l’histoire ancienne. Pour récupérer un tableau, il suffit d’un copié-collé des données (en provenance d’une page html, d’un document Word ou d’un PDF), et d’un « prompt » (une demande au chatbot) comme « Convertis ces données en tableau » ou même « Fais-en un tableau » pour restructurer instantanément ces données dans un tableau.
Il n’est pas encore possible d’exporter ce tableau, on peut toutefois le copier-coller dans tout document Word, Google.doc, Page, ou même Excel, Google Sheets ou Numbers. Pour obtenir un format image, on réalise une capture d’écran. Et le tour est joué ! Une méthode à élargir intéressante pour les données scientifiques mais qui peut aussi s’appliquer à d’autres tableaux présents dans des articles ou autres rapports d’analyse.
Merci à @swyx d’avoir partagé sa méthode sur Twitter !

