Durant l’année 2025, le terme d’agent IA envahit la presse. Les outils disponibles restent cependant limités à des capacités d’assistants ou de copilotes. Au premier trimestre 2026, une nouvelle catégorie d’outils fait son apparition : des agents IA autonomes, parfois même comparés à des « employés virtuels ». Cet article examine ce qui a rendu cette évolution possible, les défis qui accompagnent ces outils, et ce que la prochaine génération de plateformes IA laisse entrevoir.
Le 10 avril dernier, la capsule Artemis II ramenait sur Terre quatre astronautes d’un vol autour de la Lune, pendant que SpaceX préparait le prochain essai de sa fusée Starship. Il semblerait que la course à l’espace soit bel et bien relancée… Mais depuis la fin d’année dernière, c’est une autre compétition, moins visible, qui a été lancée au sein de l’écosystème IA : une course à « l’employé virtuel ».
Le terme n’est pas nouveau. Des éditeurs de robotisation des processus (RPA) tels que Blue Prism parlaient déjà de travailleurs digitaux en 2023 (1) pour désigner des « travailleurs virtuels conçus pour imiter les actions humaines, afin de prendre en charge le travail que les employés ne devraient pas avoir à faire ». Plus récemment, Microsoft, Anthropic et OpenAI adoptent un champ lexical proche pour parler d’agents IA capables de raisonner, d’utiliser des logiciels variés et de prendre en charge des tâches longues sans supervision continue.
En 2025, les promesses de l’IA agentique ne se sont manifestement pas concrétisées. Au premier trimestre 2026, plusieurs outils d’un genre nouveau font leur apparition. Qu’est-ce qui a changé ? À quelles conditions peut-on déléguer du travail à un système d’IA ? Et où cette nouvelle accélération du domaine nous amène-t-elle ?
En janvier 2026, un projet open source prend de court la communauté IA. Initialement créé en novembre 2025 par Peter Steinberger sous le nom de Clawdbot, renommé Moltbot le 27 janvier 2026 après une plainte d’Anthropic sur la marque, puis OpenClaw trois jours plus tard (2), le projet franchit 300 000 étoiles (une forme de « like » pour un projet open source) sur GitHub en seulement deux mois. Cela en fait, à ce moment-là, le projet open source à la croissance la plus rapide de l’histoire de GitHub.
Printscreen 1 : Évolution du nombre d’étoiles GitHub du projet OpenClaw, de son lancement en novembre 2025 à avril 2026 (Source : star-history.com)
OpenClaw se présente comme un agent IA personnel que l’utilisateur installe sur son propre ordinateur et qui maintient une mémoire persistante entre les sessions. L’agent s’appuie sur un modèle d’IA choisi par l’utilisateur (Claude, GPT, ou un modèle open source comme Mistral ou Qwen), avec lequel il interagit via ses applications de messagerie (WhatsApp, Slack, Teams, iMessage, …).
L’engouement dépasse vite les cercles techniques. De nombreux utilisateurs non-développeurs souhaitant installer leur propre agent personnel s’empressent d’aller acheter un Mac Mini pour héberger OpenClaw chez eux. En février, Apple affiche même des ruptures de stock sur ses Mac Mini et Mac Studio, avec des délais de livraison allongés (3). L’utilisation d’un Mac mini pour installer OpenClaw n’est en réalité pas la seule solution, mais c’est la plus simple et la plus économiquement intéressante (la mémoire unifiée proposée par Apple étant relativement peu chère, comparée aux prix récemment élevés de RAM).
Alors, comment se positionnent les grands laboratoires d’IA vis-à-vis de ce phénomène ?
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