Qu'est-ce que l'autoplagiat ? Maîtrisez ce concept insolite pour valoriser votre thèse en toute légalité

François Libmann
Blog du
15 janvier 2026
217
Qu'est-ce que l'autoplagiat ? Maîtrisez ce concept insolite ... Image 1
Qu'est-ce que l'autoplagiat ? Maîtrisez ce concept insolite ... Image 1

Lorsqu’on a soutenu une thèse, on peut penser – naïvement, comme on va le voir – que l’on dispose librement de son contenu et que l’on peut donc en faire ce que l’on veut. En particulier, il semble évident que l’on puisse publier des articles scientifiques reprenant des éléments de ce travail. Pourtant, une menace inattendue guette le jeune docteur : celle de l’autoplagiat.

Cette notion peut, de prime abord, paraître quelque peu baroque. Nous pensions en effet que le plagiat consistait à s’approprier le travail d’autrui et que, par définition, il était impossible de se plagier soi-même. Or nous avons découvert que ce n’était pas le cas et même que l’autoplagiat pouvait avoir de graves conséquences.

L’existence de ce concept ne doit toutefois pas dissuader un chercheur de publier des articles scientifiques issus de sa thèse. Rappelons que celle-ci est nécessairement diffusée depuis 2016 – au moins signalée en cas d’embargo – sur theses.fr et, le cas échéant, sur HAL. Publier à partir de sa thèse est donc parfaitement possible, mais cela suppose de respecter un certain nombre de conditions afin d’éviter toute accusation d’autoplagiat.

Le billet de blog intitulé «Comment publier des articles (scientifiques) issus de sa thèse de doctorat sans être accusé de plagiat» fournit à cet égard des précisions utiles.

Il rappelle notamment que le « Code de conduite européen pour l’intégrité en recherche (2023) considère comme inacceptable le fait de republier d’importants passages tirés de ses propres publications antérieures, y compris des traductions, sans reconnaître ou citer dûment l’original ». 

Republier semble vouloir dire ici faire un simple copier-coller.

Selon ce même billet,  lorsqu’un chercheur publie un article issu de sa thèse, il doit reformuler le texte, l’actualiser ou extraire certains résultats afin d’en proposer une version nouvelle, destinée à être évaluée par un comité éditorial. Un article peut donc parfaitement être issu d’une thèse déposée dans une archive ouverte, à condition :
  • « D'informer l’éditeur, dès la lettre de soumission, que le travail repose sur une thèse déposée en archive ouverte ;
  • De citer clairement la thèse, que ce soit dans la bibliographie, en note de bas de page ou dans les remerciements ;
  • D'adapter le texte à la forme éditoriale retenue, ce qui implique généralement une reformulation et une mise à jour des analyses. »
Le billet insiste également sur la distinction entre deux logiques de diffusion :
  • L’archive ouverte, comme HAL, qui vise avant tout la diffusion et la conservation du savoir ;
  • La publication éditoriale, conçue comme une étape supplémentaire de validation scientifique et d’intégration dans le corpus de la littérature scientifique.

Cette distinction nous paraît toutefois largement artificielle. Une thèse constitue déjà, en soi, une étape majeure de validation scientifique et d’intégration dans le corpus de la littérature académique. Elle résulte d’un long processus d’évaluation, mobilise un jury et aboutit elle aussi à la diffusion du savoir. À bien des égards, elle remplit donc des fonctions proches de celles de l’article scientifique, même si les formats et les circuits de reconnaissance diffèrent.

En conclusion, l’autoplagiat, notion contre-intuitive, impose une grande vigilance dans la valorisation des travaux doctoraux. Publier des articles à partir de sa thèse est non seulement autorisé, mais encouragé, à condition de jouer la carte de la transparence, de la citation explicite et de la réécriture.